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Je suis né et j’ai passé toute mon enfance à Saint Pierre des Corps, banlieue de Tours.

Mon père, ouvrier d’usine, était passionné par les pigeons voyageurs, qu’il engageait dans des concours de vitesse et de distance.

Mon grand-père paternel, cheminot en Haute-Corrèze, était accordéoniste les samedi pour les bals et les mariages.

St Pierre des Corps, à l'époque, c'était encore un peu la campagne : il y avait des fermes, des vignes et des terres cultivées. L'immense cité de la Rabaterie n'existait pas. Chez nous, il y avait des poules, des lapins, et bien sûr les pigeons...

Ma mère chantait sans cesse pour accompagner toutes ses tâches domestiques. Mon père ne chantait que dans les grandes occasions. Il imitait Tino Rossi et connaissait "la tyrolienne".

Moi, je lisais beaucoup et j’écrivais des histoires.

 

 

 

 

 

Mes premières influences musicales furent les cantiques de la messe dominicale, les fanfares (j’adorais le son des tambours et je marchais près d'eux) et les chansons diffusées par le poste de radio qui fonctionnait sans cesse. Ce cocktail musical hétéroclite et guère d'avant-garde a pourtant donné naissance à une vocation.

A l'adolescence, je reçu de plein fouet l'onde de choc des années 60, porteuses de tant d'espoirs. L’éclosion d’une musique nouvelle, la déferlante des groupes de rock anglais, puis la découverte du jazz m'ont portées de plus en plus vers la musique.

Ce bouillonnement qui touchait toutes les disciplines artistiques m’a révélé un mode de vie différent et une échappatoire possible aux usines où je travaillais depuis l’âge de 14 ans (successivement comme apprenti en mécanique générale, monteur en canes à pêche puis soudeur) La vraie vie était ailleurs...

Fasciné par la prédominance du rythme qui caractérisait ces musiques, je choisis sans hésiter l’instrument le plus puissant…et le plus encombrant : la batterie, que j’appris en autodidacte.

Batteur dans des groupes de rock locaux et éphémères, j’ai commencé, à 17 ans, à jouer les week-end dans des orchestres de bal toutes sortes de musiques différentes. Cette activité devenant peu à peu suffisamment lucrative, je quittais sans regrets l’usine pour me consacrer entièrement à la musique

 

 

 

 

Après mon service militaire en Allemagne (je jouais dans l'orchestre qui animait les bals pour les civils allemands), je décidais de mettre tout en œuvre pour devenir musicien professionnel.

Jouant dans différents orchestres de bal pour gagner ma vie, j'y ai rencontré le saxophoniste Marc Robert, qui avec son quintet "Happy Free Music" participait activement à l'essor du free-jazz en Touraine. Devenu batteur du groupe, j'ai découvert la musique improvisée, ses risques et ses ivresses.

 

En 1972 et 1973, Le Happy Free a été primé dans plusieurs festivals de jazz (Châteauvallon, San Sebastian, Dunkerque), joué à la Maison de la Radio à Paris et diffusé sur France-Musique.

 

Parallèlement je me suis inscrit au Conservatoire de Tours, perfectionnant ma technique auprès de Jacques Mercier qui dirigeait la classe de percussions.

Cette fois, la vraie vie était bien là ! 

 

 

 

 

 

 

 

 En 1974, après l’arrêt du « Happy-free » je rejoins deux anciens membres du groupe, le pianiste François Couturier et le guitariste Gérard Lévy, pour former avec eux le trio de musique improvisée «Altalalto», influencé à la fois par le free-jazz et la musique contemporaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1976, Altalalto cesse de jouer, faute de concerts assez fréquents.

Délaissant la musique improvisée, je réunis autour de moi quatre musiciens (piano, violon, guitare et basse) et une chanteuse lyrique pour créer « Shendor », groupe électrique, dont la musique, complexe et très écrite, s'inspirait à la fois du jazz-rock et du groupe Magma.

Je composais la majeure partie des morceaux, en m’inspirant de différents récits légendaires ou mythiques.

Shendor a survécu pendant trois ans, beaucoup répété, mais peu joué.

 

 

 

 

 

 

Jusqu'en 1979, j'ai joué dans différents orchestres de bal, ce qui me permettait, comme de nombreux musiciens, de vivre (modestement) de la musique. C'était une vie assez particulière : nous jouions tous les week-ends de l'année et tout l'été. Mieux valait ne pas avoir de vie de famille. Les orchestres dans lesquels j'ai joué étaient professionnels et n'avaient plus rien à voir avec le"p'tit bal musette". L'accordéon avait fait place aux guitares éléctriques, aux synthés et le répertoire était essentielement rock ou R'n'B. Certains orchestres comptaient jusqu'à 12 musiciens et se déplaçaient dans des bus avec chauffeur et couchettes. Des jeunes venaient au bal non pour danser, mais pour écouter l'orchestre, comme à un concert. La concurrence était rude et les chefs d'orchestre faisaient en sorte d'attirer les meilleurs musiciens possibles. C'était une excellente école de devoir jouer des morceaux souvent difficiles pendant 5 heures de suite. Il fallait de l'énergie et de l'endurance, et aussi une bonne technique. A partir de 1975 la situation devint de plus en plus difficile pour toutes ces formations : les charges de plus en plus lourdes eurent pour effet de réduire le nombre de musiciens, les syntés remplaçant les sections de cuivres. Pour finir, l'éclosion du phénomène Dj et discos mobiles, avec un seul intervenant derrière les platines, porta le coup de grâce aux orchestres de bal pros. Beaucoup de musiciens ne s'en remirent jamais.

 

 

 

 

En 1977, j’ai rencontré le conteur Bruno de La Salle, qui accompagnait ses récits d’un « orgue de cristal » inventé par les frères Baschet et construit par lui-même. Sa démarche tout à fait originale m’a intrigué.

Ensemble, nous avons peu à peu jeté les bases d’un travail spécifique qui cherchait à unir le plus étroitement possible les mots et la musique. Pour des raisons pratiques (encombrement et puissance sonore) j’ai délaissé la batterie, mais j’en ai conservé la technique que j’ai transposée à un set de percussions ethniques assez particulier.

Le disque « Le Trésor du Rêve » enregistré au studio du Centre Pompidou, est sorti chez « Expression Spontanée » en 1978.

 

 

 

 

 

 

 

En 1980, j’ai quitté Tours pour m’installer à Chartres où Bruno de La Salle venait de créer le CLIO (Centre de littérature orale)

L’équipe qui s'est formée peu à peu autour de lui regroupait des conteurs, des comédiens, des chanteurs, des musiciens, des plasticiens. Mythes et épopées, théâtre musical, contes populaires constituaient notre champ de recherche et de création.

Les années qui vont suivre seront intenses en recherches de tous genres. Devenu membre permanent du CLIO, j’y ai rencontré Abbi Patrix, puis Jean-Paul Auboux, flûtiste et compositeur pratiquant la musique karnatique de l’Inde du Sud.

Je continuais à développer ma pratique des percussions sans pour autant abandonner la batterie, et me suis intéressé de plus en plus aux musiques modales, orientales, africaines.  

 Le Clio était un formidable terrain d’expérimentations, dont le point commun était le récit musical sous des formes contemporaines.

Avec l’aide de France-Culture, puis de divers organismes culturels, l’équipe a entreprit un travail approfondi qui a donné lieu à plusieurs créations, dont les plus spectaculaires furent les spectacles conçus pour être écoutés la nuit entière :

-L’Odyssée d’Homère (1980)

-Le Récit de Schéhérazade (1982/83)

-Le Cycle du Roi Arthur (1984)

-Perceval (1985)

Ces spectacles ont été joués au Festival d’Avignon (programme officiel) ainsi qu’en France et à l’étranger (Suisse, Canada) et diffusés à plusieurs reprises sur France-Culture.

En 1982, je devins, sur cette même chaîne, co-producteur de l’émission « La Criée aux Contes » qui permettait d’entendre des conteurs du monde entier.

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cours de cette période, encouragé par Bruno de La Salle, j’ai commencé à conter à mon tour, d’abord en petit comité, puis pour des publics de plus en plus larges.

Très vite, je me suis aperçu que la parole seule ne me suffisait pas. J’ai peu à peu associé à ma narration différents instruments de musique, pour soutenir le récit et rythmer le langage, un peu à la manière des griots africains.

De plus en plus, mes goûts et mes recherches personnelles me poussaient à approfondir les rapports existants entre le langage et le rythme musical, afin d’unir le plus étroitement récit et musique, sans qu’une de ces expressions ne domine l’autre.

 

 

 

 

 J’ai quitté le CLIO en 1986 pour m’installer en région parisienne ( Yvelines puis Essonne) et rejoindre le conteur Abbi Patrix qui avait créé la Compagnie du Cercle.

Jusqu’en 1998, j’ai participé à toutes les créations proposées par cette compagnie, comme musicien, conteur, parfois les deux ensemble :

- La Guerre des Corbeaux et des Hiboux (1988/90) en duo avec Abbi Patrix.

- Révolution sur Paroles (1989) pour le bicentenaire de la Révolution, avec Abbi Patrix et Yannick Jaulin, une fanfare et une chorale.

- L’Ombre du Zèbre n’est pas rayée (1990) avec Abbi Patrix, Agnès Chavanon (contes) et Alain Gibert (trombone et claviers)

- Possible-Impossible (1991) en duo avec Abbi Patrix, spectacle jeune public joué près de 200 fois.

- Pourquoi-Pourquoi (1992) avec Jean-François Vrod, spectacle réalisé avec les enfants de Brétigny sur Orge.

- Voilà-Voilà (1993) avec le violoniste conteur Jean François Vrod.

- L’Enfant sans Nom (1994) avec Michèle Bouhet (conte) et Claude Py (guitare)

- Peer Gynt (1998) d’après la pièce d’Ibsen, collaboration Compagnie du Cercle/Nada-Théâtre.

Ces spectacles furent joués en France, mais aussi en Belgique, Suisse, Angleterre, Suède, Norvège, Grèce, Guyane.

Au cours de cette période, j’ai dirigé de nombreux ateliers et stages de formation pour adultes et enfants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1997, après tant de créations collectives, j’ai eu envie de me confronter au solo. C’était à la fois un défi personnel et aussi une façon de faire le point sur l’expérience acquise toutes ces dernières années.

Encouragé par Abbi et réalisé avec l’aide de la Compagnie du Cercle, « La Voix du Tambour » était le résultat d’une interrogation sur un répertoire spécifique (les contes sur la musique) qui me permit de me confronter à l’écriture, la conception, et d’affirmer une démarche personnelle et originale.

« La Voix du Tambour » a été jouée dans de nombreux théâtres et festivals : Cité de la Musique à Paris, les Arts du Récit en Isère, festival des Musiques du Monde de Ris-Orangis, Paroles d’Hiver en Côtes-d’Armor, théâtre Dunois à Paris, ainsi qu’au festival international d’été de Québec.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1999, après douze années de collaboration et de créations, j’ai quitté la Compagnie du Cercle pour me consacrer désormais à l’évolution de mon travail personnel.

Les années qui suivirent, tout en continuant à jouer «La Voix du Tambour» j’ai poursuivi mes recherches sur le conte musical (Forum des écoles de Musique du Val d’Oise avec le chanteur Xavier Lacouture), développé ma pratique des balades contées qui furent pour moi l’occasion de nouvelles expérimentations (d’abord avec le conteur Pépito Matéo, la conteuse Mimi Barthélemy, la comédienne Babette Masson, puis ensuite seul) et dirigé de nombreux ateliers de formation (contes et objets avec le Nada-Théâtre, atelier de pratique artistique autour des percussions de récupération au Collège d’Etampes)

 

 

En 2002, avec l’aide du Festival Dedans-Dehors en Essonne et l’Espace Jules Verne de Brétigny-sur-Orge,

 

 

 

 

En 2001 j’ai présenté une première version de mon nouveau solo «Pigeons-Voyageurs».

Hommage à mon père et à sa passion pour les pigeons, ce spectacle se proposait de réactualiser certains contes traditionnels en leur donnant comme décor le quartier de mon enfance.

 

En 2003, devenu conteur en résidence à Gif sur Yvette (Essonne) j’ai finalisé la création de «Pigeons-Voyageurs» (voir extrait vidéo "les enfants qui s'en vont")

 

Cette année est aussi celle de mes débuts d’auteur : le livre « Contes à Musique » qui regroupe treize contes traditionnels adaptés et réécrits, paraît aux éditions du Seuil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2005

Création de « Contes à Musique», contes musicaux pour petits et grands, toujours en solo.

 

 

2006 et 2007

Participation active au projet « Transoral Express » dirigé par Abbi Patrix, pour l’agglomération de Cergy-Pontoise (Val d’Oise). Spectacles, balades contées, ateliers dans les écoles et en bibliothèques se succèdent pendant deux ans.

 

Le livre « Les Contes du Cheval » sort au Seuil en 2006, et « Les Chevaux, mythes et légendes du monde entier » chez La Martinière en 2007.

 

 

 

 

 

 

 

 

2008

Création et tournée du spectacle "Wakan-Tanka", d'après un conte amérindien, avec la Compagnie Atelier de l’Orage : la forme, originale, mêle contes, jeu d’acteurs, musique et marionnettes.

 

 

 

 

 

 

 

2009

Création du spectacle "1028 Calle de la Cantuna" en duo avec le pianiste Carlos Ortiz. Des contes équatoriens sur la musique des grands compositeurs de ce pays.

(voir extrait sur la page vidéos)

 

2010

Spectacle pour enfants "Marceline à la recherche de la graine perdue" avec la comédienne et chanteuse Virginie Picard 

 

Participation à la biennale de Land-Art organisée par la Ferme de la Basse-Cour (Eure-et-Loir)

 

2011

Interventions contées spécifiques sur deux sites d'artistes contemporains pour le festival Euro-Land-Art 

 

Création de contes pour le festival Traverses dans le parc du château de Méréville

 

 

 

 

 

2012

Ecriture, conception et réalisation des Contes du Cheval, spectacle tout public, avec le musicien multi-instrumentiste Arnaud Delannoy (voir vidéo). La première a lieu à Chartres pour le Festival du Légendaire.

 

"La Guerre des Corbeaux et des Hiboux", album écrit pour les éditions Lirabelle, débouche sur la création d'un spectacle donné à plusieurs reprises dans le cadre du Festival du Légendaire en Eure-et-Loir puis au salon du livre de Limours (91)   

 

 

 

 

 

 

2013

- Création de "Atalante", conte musical accompagnant la vidéo de l'artiste Muriel Toulemonde, commande du Fonds Départemental d'Art Contemporain de l'Essonne

 

- "Les Contes du Cheval" sont joués régulièrement en bibliothèques ou centres culturels

 

-Interventions contées dans les bibliothèques de l'agglomération de la ville de Rennes

 

-Création du spectacle "Itinéraires Manouches" en compagnie du duo de guitaristes Villa Hobo et du clarinettiste Philippe Dourneau, pour le Festival "Bouts du Monde 4" à Montlhéry (91) voir extrait vidéo

 

 

 

 

 

 

 

2014

Les Contes du Cheval joués à Villefranche-sur-Saône (Saône-et-Loire) au domaine de Chamarrante (Essonne) et pour "les Rendez-Vous Insolites" de l'Arpajonnais

 

Intervention contée à la Journée de la Solidarité pour l'association Mozaïk 

 

Contes à Musique pour la Fête de la Musique de l'association "Au Sud du Nord" de Philippe Laccarrière

 

Enregistrement et réalisation du cd audio des Contes du Cheval

 

2015

Création d'un programme de contes pour le vernissage de l'oeuvre du plasticien Mick Peter, "Télephone Conversation" à la demande  du Fonds Départemental d'Art Contemporain de l'Essonne

 

"Il nous faut arracher la joie aux jours qui filent" soirée d'improvisations poétiques et musicales avec le Théâtre du Menteur. Je suis chargé des impros musicales à la batterie

 

Intervention contée pour l'ouverture du festival "Au Sud du Nord" 

 

Les Contes du Cheval et Contes à Musique au festival "A Mots Ouverts" d'Anglet 

 

Intervention contée et atelier pour les journées d'accueil des étudiants de l'Irfase d'Evry.

 

 

 

 

 

2016

Création et premiers concerts du Trio Kabeo avec la chanteuse-comédienne Karine Tripier et le pianiste-guitariste  Olivier Kergrais, pour le spectacle "Paroles cabaret poétique". Je suis le batteur et rythme  deux textes parlés en m'accompagnant.

 

Ateliers réguliers à l'Irfase d'Evry dans le cadre de la formation des éducateurs de jeunes enfants.

 

Stages de formations pour Contes à la Clé (Isère) et pour la Bibliothèque Départementale de l'Essonne